sábado, 12 de maio de 2012

Bernardo Sassetti, pianista português

2 comentários:

  1. Comment peut-on mourir d'un faux pas quand les doigts sont légers, si légers?

    Pour vous cher Hélder, une journée comme un souffle d'air, un nuage-dentelle.

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  2. Chère Colo,

    Fort reconnaissant de
    votre douce brise
    antibrisement de cœur,
    je souhaite aussi que
    votre horizon soit
    bien plus aéré.

    Dans une ambiance
    assez nébuleuse,
    j’emprunte à Yves Bonnefoy
    dont le premier ouvrage,
    publié en 1946,
    s’intitule
    TRAITÉ DU PIANISTE —
    les quatre poèmes suivants.

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    « Quelle pâleur te frappe, rivière souterraine, quelle artère en toi se rompt, où l’écho retentit de ta chute ?


    Ce bras que tu soulèves soudain s’ouvre, s’enflamme. Ton visage recule. Quelle brume croissante m’arrache ton regard ? Lente falaise d’ombre, frontière de la mort.


    Des bras muets t’accueillent, arbres d’une autre rive. »

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    « L’ÉCUME, LE RÉCIF

    Solitude à ne pas gravir, que de chemins !
    Robe rouge, que d’heures proches sous les arbres !
    Mais adieu, dans cette aube froide, mon eau pure,
    Adieu malgré le cri, l’épaule, le sommeil.


    Écoute, il ne faut plus ces mains qui se reprennent
    Comme éternellement l’écume et le rocher,
    Et même plus ces yeux qui se tournent vers l’ombre,
    Aimant mieux le sommeil encore partagé.


    Il ne faut plus tenter d’unir voix et prière,
    Espoir et nuit, désirs de l’abîme et du port.
    Vois, ce n’est pas Mozart qui lutte dans ton âme,
    Mais le gong, contre l’arme informe de la mort.


    Adieu, visage en mai.
    Le bleu du ciel est morne aujourd’hui, ici.
    Le glaive de l’indifférence de l’étoile
    Blesse une fois de plus la terre du dormeur. »

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    « LE RAVIN

    Il y a qu’une épée était engagée
    Dans la masse de pierre.
    La garde était rouillée, l’antique fer
    Avait rougi le flanc de la pierre grise.
    Et tu savais qu’il te fallait saisir
    À deux mains tant d’absence, et arracher
    À sa gangue de nuit la flamme obscure.
    Des mots étaient gravés dans le sang de la pierre,
    Ils disaient ce chemin, connaître puis mourir.


    Entre dans le ravin d’absence, éloigne-toi,
    C’est ici en pierrailles qu’est le port.
    Un chant d’oiseau
    Te le désignera sur la nouvelle rive. »

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    « Souvent dans le silence d’un ravin
    J’entends (ou je désire entendre, je ne sais)
    Un corps tomber parmi des branches. Longue et lente
    Est cette chute aveugle ; que nul cri
    Ne vient jamais interrompre ou finir.


    Je pense alors aux processions de la lumière
    Dans le pays sans naître ni mourir. »

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